« Folles de joie », genre : l’affiche italienne me parle

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Ces deux là s'aiment d'une amitié sans jugement qui tiendra peut être leurs folies à distance.....

Ces deux là s’aiment d’une amitié sans jugement qui tiendra peut être leurs folies à distance…..

Une claque que cette comédie dramatique sur la folie et l’enfermement. Mais l’affiche française est bien trompeuse. L’italienne est beaucoup plus raccord avec ce que m’a raconté ce film.

Car « Ces folles de joie » de Paolo Virzi n’ont en effet rien du road movie à la « Thelma et Louise » de Ridley Scott comme le suggère l’affiche française. En vérité, c’est l’affiche italienne qui révèle beaucoup plus justement l’histoire. Ou comment l’amitié sans jugement est la seule issue pour tenir la folie à distance. Au début tout oppose ces deux femmes lorsqu’elles font connaissance dans une institution psychiatrique. Longue chevelure blonde de l’une; courte tignasse brune pour l’autre ! Oeil pétillant et sourire enjôleur versus un regard terne et une moue renfrognée ! Robes aux décolletés plongeant sur une poitrine avantageuse face à de vilains tee-shirts sans manche jetés sur un torse androgyne. Aisance méprisante et agaçante d’une grande bourgeoise. Gaucherie gênée et mutisme oppressant d’une paumée. La première est un vrai personnage de comédie romantique et champêtre quand la seconde à la dégaine de l’héroïne tragique d’une science fiction urbaine. Ces deux là n’ont en réalité qu’une chose en commun qui les réunira malgré toutes leurs différences. Elles ont toutes deux été mal aimées. Très très mal aimées même. Elles ont tout perdu à donner leur amour à des personnes qui ne le méritaient pas. Et ce rejet d’amour les a fait plonger au sens propre pour l’une comme au figuré pour l’autre. Après ça leurs fragilités ne s’en sont jamais remises. Cause ou conséquence? L’une a ruiné sa famille jusqu’à en être bannie. L’autre qui n’a jamais rien reçu de la sienne a failli commettre un infanticide. Elles sont folles, peut être, mais au delà de toutes leurs différences elles ont réussi à connecter leur douleur de vivre. Et ce sera leur force désormais! Voila ce que révèle si justement l’affiche italienne, cet instant de connexion pure qui scelle leur amitié, et peut être leur amour en devenir, malgré toutes leurs différences. Et la fin n’est même pas triste où l’on comprend que cet amour va se vivre dans l’enceinte de l’institution psychiatrique.

Raconte moi l’histoire de la pile électrique

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Quand l’histoire des sciences est passionnante et peuplée de péripéties. Un exemple ici avec l’invention en 1800 de la pile par Volta et quelques épisodes qui ont ponctué son histoire. Hasard et première observation fortuite, tâtonnements pour mettre au point une véritable expérience, controverse acharnée sur près d’une décennie entre deux grands savants, appropriation artistique d’un phénomène scientifique nouveau.

La pile Volta, vue ici au Musée des Arts et Métiers à Paris, fait partie des 50 "Petits hasards qui bouleversent la science " édités chez  Papillon Rouge Editeur

La pile Volta vue ici au Musée des Arts et Métiers fait partie des 50 « Petits hasards qui bouleversent la science  » édités chez Papillon Rouge Editeur


Pile électrique : nom féminin qui vient du latin « pila », la « colonne »! La pile, c’est le nom donné en 1800 à l’invention de l’italien Alessandro Volta, professeur de physique expérimentale à Côme. L’objet, plutôt insolite, se présente sous la forme d’une colonne d’un mètre de hauteur constituée de disques de cuivre et de zinc empilés les uns sur les autres et séparés par des cartons imprégnés d’eau salée. A voir au Musée des Arts et Métiers à Paris. L’innovation qu’elle porte est immense puisque grâce à cette petite colonne, on obtient pour la première fois, une source d’électricité continue. Quand ils la découvrent les savants de l’époque comprennent qu’un immense champ de recherche et d’expérimentation vient de s’ouvrir à eux.

Mais cette invention n’aurait pas vu le jour sans une découverte faite par hasard une vingtaine d’années plus tôt par un autre italien, Luigi Galvani, professeur d’anatomie à l’Université de Bologne. Depuis 1780, ce dernier étudie les effets de l’électricité sur les contractions musculaires dans les pattes arrière de grenouilles mortes. Un jour, au cours d’une de leurs nombreuses expériences, un des jeunes assistants de Galvani fait l’étrange découverte d’un phénomène inconnu jusque là : alors qu’il touche à peine le nerf de la cuisse dépouillée d’une des pauvres bêtes avec l’extrémité métallique de son scalpel, le jeune homme constate avec surprise une contraction violente de la patte. Un autre assistant rapporte qu’au même instant, il a cru voir jaillir une étincelle de la machine électrostatique posée à côté de l’animal.

Fasciné par ces premières observations fortuites, Galvani se lance dans de nouvelles expériences. Il veut expliquer le phénomène. Il constate ainsi que la contraction peut être provoquée par une étincelle produite à partir d’une machine électrostatique à condition que le nerf soit en contact avec un grand fil métallique.
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Le blanc d’Argentine, un vin (encore) méconnu

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Chouette une dégustation de vins argentins ! Mince alors, moi qui pensais déguster des vins rouges de malbec me voila avec un vin blanc dans mon verre. Ou comment j’ai découvert le cépage blanc torrontés, plus précisément celui de la Bodega San Pedro de Yacochuya.

Le torrontés, cépage blanc emblématique de l'Argentine produit un vin exubérant aux arômes muscatés.

Le torrontés, cépage blanc emblématique de l’Argentine produit un vin exubérant aux arômes muscatés.

Yacochuya pour situer rapidement c’est au nord-ouest de l’Argentine à quelques kilomètres de Cafayate, on prononce « cafa-chaté », petite ville de 12 000 habitants perchée à 1700 m au pied de la Cordillère des Andes. On est ici dans la province de Salta, à quelque 1 000 km au nord du vignoble le plus emblématique d’Argentine, j’ai nommé la région de Mendoza. Autre précision, historique cette fois, le vignoble de Cafayate ne date pas d’hier, ni d’avant-hier, mais de la seconde moitié du 19ème siècle. Bon, voila pour les repères géographico-historiques ou l’inverse. C’est selon! Reste à présenter ce torrontés, cépage blanc à gros grains souvent conduit en pergola. Longtemps cantonné au marché national, le vin qui en est issu s’exporte depuis quelques années notamment sur le marché américain où il suscite un certain enthousiasme par la nouveauté de son goût et plus précisément son originalité aromatique qui rappelle le muscat d’Alexandrie dont il provient par croisement semble-t-il.
A la dégustation, ce torrontés 2014 de San Pedro de Yacochuya présente une couleur jaune pâle avec de légers reflets verts. Le nez intense et complexe rappelle celui d’un gewurstraminer. Les notes sont florales, mentholées et surtout très muscatées. L’attaque est fraiche sur une belle acidité avec une rondeur en bouche et un léger côté tannique. Le tout donne envie de se resservir un second verre. Un grand merci à Michel Rolland pour cette découverte en finale d’une dégustation de vins argentins proposées dans le cadre des rendez-vous mensuels du Duad’s club. Ultimes précisions du célèbre oenologue bordelais « c’est sans doute l’altitude qui rend ce cépage torrontés si exubérant. N’oublions pas que les vignes de Cafayate poussent à plus de 1800 mètres. A Mendoza, le torrontés donne un vin blanc de peu de caractère, avec une acidité certes, mais sans les arômes. » Et pour le côté tannique de ce cépage, il ajoute « qu’il faut effectivement être prudent sur la maturité, sur l’extraction et les pressurages pour éviter l’amertume. Et si on parvient à éviter les pièges de ce cépage, il donne un vin qui plait beaucoup par cette originalité aromatique. » On confirme ! Juste pour conclure, et pour la petite histoire, Yacochuya c’est le vignoble où l’aventure argentine a commencé pour Michel Rolland. C’était il y a près de 30 ans en 1988.

Le « vélo-garde-meuble » des rues de Buenos Aires

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En sillonnant, il y a quelques années, les rues de Buenos Aires sur son insolite « vélo-garde-meuble » Ana Gallardo a raconté la fragilité de l’entre-deux. L’entre–deux d’une maison à l’autre, mais peut être aussi, entre-deux d’une vie à l’autre.

Le vélo-garde-meuble d'Ana Gallardo au Musée d'Art Moderne de Buenos Aires

Le vélo-garde-meuble d’Ana Gallardo est exposé au Musée d’Art Moderne de Buenos Aires

Errance. Fuite. Débâcle. Ce maigre vélo trainant un aussi lourd barda fait d’objets personnels, matelas, ventilateur, chaise, tapis, commode, lampe, étagère, raconte la marche lente causée par un malheur. Mais cet attelage insolite est aussi un cri. Celui de qui refuse d’être dépossédé. Car dans son sillage, ce vélo-garde-meuble dessine l’espoir d’un nouvel ailleurs où se poser. Et puis, et puis, au-delà de cette première histoire très matérialiste, j’en imagine une seconde. Celle où le barda se décroche. Où le vélo ainsi allégé peut continuer sa route. Reprendre sa vitesse. Gagner sa liberté. Juste pour dire combien l’attachement aux objets entrave la marche et qu’il faudrait lâcher pour mieux avancer. Ana Gallardo est née en Argentine à Rosario. Elle travaille à Buenos Aires et a exposé en 2015 à la Maison Rouge à Paris.

Ennemi des cultures, le sclérotinia a aussi son « côté lumineux »

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Herbicide "bio" pour les uns, champignon destructeur des récoltes pour les autres. Cet exemple illustre une des difficultés d'élaboration des solutions de bio-contrôle pour la protection des cultures.

Herbicide « bio » pour les uns, champignon destructeur des récoltes pour les autres. Cet exemple illustre une des difficultés d’élaboration des solutions de bio-contrôle pour la protection des cultures.

Surprise ! Le sclérotinia, champignon microscopique qui vit dans le sol en hiver et s’attaque aux cultures dès le printemps, a lui aussi un côté lumineux ! Très lumineux même puisqu’au Canada il est vendu comme herbicide « bio » pour l’entretien des gazons. J’ai découvert cette double vie du sclétotinia le mois dernier.

Tournesol; colza, soja, pois, carottes; tomates, choux, brocolis, concombre et bien d’autres légumes encore. Non, non détrompez-vous, ce n’est ma liste de courses pour une prochaine salade composée. C’est la liste, non exhaustive, des cultures touchées par le scrérotinia, un champignon microscopique. Certes, il est sans danger pour l’homme, mais c’est tout de même un véritable cauchemar pour les agriculteurs. Et ça fait des années que ça dure. Sur tournesol, par exemple, tout y passe, les boutons, les feuilles, les tiges. De quoi faire chuter gravement les rendements. Pour enrayer ces attaques, les recommandations sont larges. Pour certaines cultures, il existe des variétés moins sensibles que d’autres. Mais en général cela ne suffit pas pour bloquer le phénomène. Les possibilités des traitements sont souvent limitées. Et les échecs sont nombreux si on n’intervient pas au bon moment. Une solution de bio contrôle existe à partir d’un autre champignon. Mais elle ne fait pas tout, elle non plus. La rotation des cultures est fortement conseillée. Bref, voila pour le versant « agricole » et sombre de la vie du slérotinia. Lire la suite

Petit oxymore culinaire du « panais qui renait » !

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Il renait le panais! Il renait ! Qu’on se le dise! Mieux même, cette renaissance nous réserve une chouette surprise culinaire que voici.

Une recette "super facile" à faire. Essayez de bluffer vos amis en leur mettant ce gâteau de panais sous le nez. Tout perspicaces qu'ils sont, ils risquent d'être nombreux à donner leur langue au chat.

Une recette « super facile » à faire. Essayez de bluffer vos amis en leur mettant ce gâteau de panais sous le nez. Tout perspicaces qu’ils sont, ils risquent d’être nombreux à donner leur langue au chat.

Le panais, vous connaissez? C’est le petit cousin oublié de la carotte. Comme sa célébrissime parente il se présente sous la forme d’une racine pivotante. Bon d’accord, il est un peu jaune-blanchâtre quand la dite cousine arbore un « orange » un rien plus flamboyant. Bref, ce panais sort aujourd’hui de l’oubli. Autrement dit, on le cultive à nouveau, et surtout, pour ce qui nous intéresse ici, on se remet à le cuisiner. Et là, il faut bien avouer qu’on aurait plutôt tendance à le vouloir en soupe, en gratin, en croustille, voire même cru en salade. Ca lui va bien le goût salé au pti’panais. Mais il voit plus large et nous ravit en sucré. Oups, je fais des vers! Et oui, elle est donc là la belle surprise. Le panais se cuisine aussi en gâteau ! Mesdames, Messieurs les experts en cuisine, vous connaissez sûrement l’astuce depuis longtemps. Moi qui suis loin d’être une « pro » des fourneaux, je viens de l’apprendre. Et cette idée de tordre le coup à un a priori me ravit. C’est comme ça. Encore une idée reçue qui tombe. Bonne nouvelle. Il en faudrait plus souvent. Bref, je m’égare encore. Voila donc en quelques mots cette recette que l’on doit à Jean-Pierre Lissalde, le « chef » qui mitonne aux petits oignons les ateliers « cuisine » de l’AMAP (Association de maintien de l’agriculture paysanne) le CABAS de Gradignan(33).
ALLEZ LA RECETTE MAINTENANT
ingrédients : 150 gr de cassonade; 150 gr de farine (de blé ou de riz); ½ cuillère à sucre de levure chimique (ou de bicarbonate); ½ cuillère d’épices de Noël (gingembre, cannelle, anis vert, cardamone .. ) 2 œufs; 2 cuillères à soupe d’olive neutre; 1 pincée de sel 150 gr de panais
comment faire :
Préchauffer le four à 180°C
Eplucher le panais puis le râper (réserver dans un petit saladier)
Dans un 2nd saladier : mélanger cassonade, farine, levure, sel, œufs, puis l’huile d’olive
Y verser le panais en dernier
Mélanger le tout (consistance un peu compacte)
Beurrer le fond d’un moule à manquer
Y verser la préparation
Cuire à 180°C pendant 40/45 minutes
Tester la cuisson avec un couteau qui doit ressortir sec
Démouler à froid (c’est mieux)
VOILA C’EST FAIT
A oui, j’oubliais, l’oxymore, pour ceux qui auraient un peu oublié leur cours de français (on leur pardonne), c’est une figure de style qui consiste à réunir deux mots de sens contraire. Mais oui, souvenez l’exemple qui ne s’oublie pas, les vers de Corneille « cette obscure clarté qui tombe des étoiles, enfin avec le flux nous fait voir trente étoiles ». Joyeux Noël.

La mémoire des bulles de glace découverte par hasard

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Paradoxe. Personne, ou presque, ne connait Claude Lorius mais tout le monde, ou presque, a entendu parler de l’influence directe des activités humaines sur le climat. Claude Lorius, 83 ans aujourd’hui, est pourtant le scientifique auquel on doit la première observation qui conduira à reconnaître que la glace contient l’histoire de notre planète. Une observation fortuite qu’il fait en Antarctique en savourant un whisky « on the rocks ». Le film documentaire « La glace et le ciel » relate la vie de ce glaciologue dont les travaux ont donné naissance à la paléoclimatologie. Cette science qui a permis d’établir un lien entre la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère et l’élévation des températures moyennes sur terre.
Pour plus d’informations, cliquez sur les bulles dans la photo ci dessous

La « brett » s’habille en kombucha

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Son petit nom scientifique c’est Brettanomyces bruxellensis. Les oenologues l’appellent tout simplement « Brett« et en général ils préfèrent ne pas la rencontrer dans leurs vins à cause d’odeurs désagréables dont la « Brett » a le secret. Oui mais voila, il existe un autre monde pour la « Brett« . Un monde dans lequel sa présence est revendiquée et parfois même affichée. Celui des amateurs de Kombucha. Une boisson fermentée à base de thé et de sucre que ses promoteurs qualifient de « boisson santé ». Et depuis peu, un autre monde totalement nouveau et innovant s’ouvre à la petite Brett, celui de la « bio-couture ».

A gauche le vinaigre artisanal de Combucha, à droite la boisson désaltérante acidulée et légèrement pétillante élaborée, elle aussi, à partir du champignon de kombucha

A gauche le vinaigre artisanal de Combucha, à droite la boisson désaltérante acidulée et légèrement pétillante laborée, elle aussi, à partir du champignon de kombucha

Commençons d’abord par les présentations. Cette petite « brett » tant redoutée par les œnologues n’est autre qu’une levure somme toute assez répandue et totalement inoffensive du point de vue pathogène. Si elle contrarie tant les œnologues c’est parce qu’elle possède, dans certaines conditions, la fâcheuse disposition de transformer quelques composés du vin en molécules volatiles dont l’odeur rappelle, au mieux, l’encre ou la gouache, au pire, la sueur de cheval quand ce n’est pas le poulailler ou l’écurie. Oups! On parle alors de vins phénolés. L’adjectif dérivant tout droit du nom de ces molécules malodorantes, les éthyls-phénols. Bref, on l’aura compris quand on travaille de près ou de loin dans l’oenoloqie, et n’en déplaisent à ceux qui voient dans l’effet « brett » un je ne sais quoi donnant au vin comme un « bon goût de terroir pouvant plaire aux nostalgiques des vins d’antan! » la petite « brett » est rarement bienvenue en œnologie. J’en étais donc à ce modeste niveau de connaissance à propos de cette levure lorsque l’été dernier, oh surprise, je découvre sur les rayons d’un magasin une petite bouteille de « vinaigre de Combucha ». On prononce KOM-BOU-TCHA et on peut aussi écrire Kombucha. La vision de ces trois syllabes associées au murmure de ma prononciation ravive immédiatement ma mémoire. Oui, j’ai déjà entendu ce nom à la consonance exotique qui évoquerait plutôt une danse folklorique. C’était quelques mois plus tôt, à l’occasion d’un colloque d’œnologues justement. De retour chez moi, petite recherche dans mes notes. Et Bingo! Je remets la main sur la petite phrase qui avait alors piqué ma curiosité. La voici : « Brett est une levure associée à de nombreux produits fermentés, alimentaires ou non, comme le vin, le cidre mais aussi, la bière, la féta, le kéfir, le bio-éthanol ou encore, le kombucha, une boisson à base de thé noir, ou vert, dont la complexité aromatique aurait à voir avec la présence de Brett. ». Lire la suite

Ce « petit hasard » qui sauva le raisin il y a plus de 100 ans

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Septembre, c’est le mois des vendanges. L’occasion de revenir sur un chapitre qui a marqué durablement l’histoire de notre vignoble. La découverte, grâce à un coup de pouce du hasard, des vertus du cuivre qui donnera naissance à la célèbre bouillie bordelaise sauvant ainsi le raisin des attaques de mildiou.

La découverte liée au hasard de la bouillie bordelaise fait partie des 50 "petits hasards qui ont bouleversé la science" parus aux Editions Papillon Rouge

La découverte liée au hasard de la bouillie bordelaise fait partie des 50 « petits hasards qui ont bouleversé la science » parus aux Editions Papillon Rouge


Le mildiou de la vigne, il y a les années avec, et les années sans. Cet champignon microscopique tant redouté par les vignerons se cache sournoisement pendant l’hiver dans les feuilles mortes qui jonchent le sol. Dès les premières pluies printanières, il se met à frémir et si la température commence à grimper, il prépare l’attaque fatale. Peu à peu, il s’infiltre dans les tissus de la plante. Rien de très visible dans un premier temps. Quelques tâches ça et là sur les jeunes feuilles. Qu’il se mette ensuite à pleuvoir régulièrement et c’est une épidémie destructrice qui s’étend en quelques jours. Tout y passe. Feuilles, rameaux, grappes se dessèchent comme après un coup de chaleur. Les espoirs de récolte sont anéantis mais la vigne ne meurt pas. Repéré pour la première fois en France en 1878, puis à Bordeaux dès 1881, ce champignon se propage ensuite dans tout le vignoble français. Les spécialistes viticoles qui se penchent sur ce nouveau désastre concluent qu’il est arrivé des Etats Unis avec les plants résistants au phylloxéra. Autrement dit, en soignant un premier fléau on en a introduit un second. Les recherches démarrent. On veut comprendre comment le champignon se développe et bien sûr, on cherche un moyen de lutte rapide et efficace. Les observations se multiplient. On constate que les attaques fluctuent d’une année sur l’autre, mais aussi que leur virulence varie d’une petite région à l’autre au cours d’une année. L’explication? Ceci serait en lien avec les conditions climatiques favorables au développement du champignon qui, elles aussi, varient d’une année sur l’autre et d’une micro région à l’autre au cours de la même année. Les premières publications scientifiques ne se font pas attendre. Quant au remède, on expérimente de tous côtés. Le soufre utilisé contre l’oïdium, autre champignon dévastateur, n’a pas d’effet. On essaie alors de nombreuses solutions. Et c’est grâce à une observation fortuite que l’on découvre enfin le moyen de lutte efficace : la célèbre bouillie bordelaise. Le principal protagoniste de cette découverte liée au hasard se nomme Alexis Millardet. Botaniste d’origine franc-comtoise, il travaille depuis 1876 à la Faculté des sciences de Bordeaux. Dès ses premiers travaux sur le mildiou de la vigne, il cherche à identifier un moyen de lutte applicable avant l’apparition des symptômes..

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Le vélo-rail, sur une idée de Lucien Péraire

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L'histoire de Lucien Péraire et de son

L’histoire de Lucien Péraire et de son « vélo-rail » fait partie des 25 « histoires vraies en Aquitaine » parues aux Editions « Papillon rouge« 

En 1928 Lucien Péraire quitte la France via l’Allemagne pour un tour du monde à vélo. Son intention est pacifiste, ce qui n’est pas rien compte tenu du contexte politique du moment. En chemin, il veut faire découvrir l’espéranto au plus grand nombre. Il n’ira pas au bout de ses ambitions mais traversera tout de même la Russie, séjournera au Japon et atteindra l’actuel Vietnam. Parmi ses nombreuses aventures, l’arrivée ubuesque à Vladivostock en 1930 avec son « vélo-rail » conçu en chemin pour suivre les rails du Transsibérien méritait un récit.

Vladivostock Juin 1930. Imaginez le burlesque de la situation. Le long d’une large avenue boueuse et mal pavée, une foule enthousiaste et admirative applaudit à tout rompre à la difficile progression d’un jeune homme en short et chemisette juché sur une bien étrange machine. L’engin, une sorte de tricycle constitué d’un vélo avec ses deux roues, est flanqué sur sa gauche d’un troisième point d’appui formé de tringles métalliques reliées entre elles. Le tout est équipé de plusieurs roulettes. Ultime défi aux lois de la gravité, le guidon de ce vélo est bloqué. Le jeune homme manque d’ailleurs de tomber plusieurs fois et quelques spectateurs l’aident à se remettre en selle. L’événement n’a pourtant rien d’une farce et la performance que l’on célèbre ici est une première mondiale. La scène est même filmée pour être diffusée dans plusieurs pays. L’acrobate que la foule acclame si chaleureusement se nomme Lucien Péraire. Ce lot et garonnais de 24 ans est en effet, le premier homme à avoir relié à vélo, avec de faibles moyens matériels et, précise-t-il, sans aide officielle, son pays natal, la France, à l’extrémité de la Sibérie sur la côte pacifique. L’engin sur lequel il tente actuellement de trouver l’équilibre, c’est son vélo-rail avec lequel il a suivi le tracé du transsibérien pour réaliser son exploit. Sans la transformation ingénieuse qu’il a imaginée en cours de route, il aurait dû abandonner son projet car en dehors de la voie de chemin de fer, il n’existe à cette époque, aucun accès aux contrées qu’il veut traverser. Autrement dit, peu de chemins praticables, pas de route et encore moins de carte… Lire la suite