Archives de Tag: cépages modestes

Faire-part de (re) naissance du vin issu de Genouillet

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Le Genouillet, cépage noir à jus blanc originaire du Berry, avait disparu. Ou presque ! Il est désormais ressuscité. Première vinification en 2013 en rosé. Mais ses « re-découvreurs » ont d’autres ambitions pour lui. Ils cherchent désormais le terroir dans lequel il s’exprimera le mieux et entendent le tester bientôt en assemblage avec du Pinot noir.

Ce cépage noir à jus blanc entame sa seconde vie. L'histoire se passe à Quincy dans le département du Cher.

Ce cépage noir à jus blanc entame sa seconde vie. L’histoire se passe à Quincy dans le département du Cher.

Seconde vie! Résurrection! N’ayons pas peur des mots ! Ce sont d’ailleurs ceux qu’utilise avec une certaine fierté Jacques Aubourg, directeur de l’Union pour la préservation et la valorisation des ressources génétiques du Centre (URGC) quand il évoque les dix années de recherches obstinées menées de concert avec Maryline et Jean-Jacques Smith, viticulteurs de leur état, pour faire revivre ce cépage. Leur persévérance a fini par payer puisque le Genouillet, cépage disparu du vignoble français comme beaucoup d’autres après la crise du Phylloxéra, a finalement obtenu son inscription au Catalogue Officiel en septembre 2011. Disparu pas tout à fait. Disons plutôt perdu de vue pendant près d’un siècle jusqu’à ce que l’ampélographe Jean Bisson, l’identifie, un peu par hasard, lors d’une prospection dans une vieille vigne près d’Issoudun vers 1980.
Mais avant de raconter la nouvelle vie du Genouilllet, petit zoom arrière sur son histoire. Lire la suite

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Un vin sauvé de l’extinction en Hautes Alpes

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le cépage Mollard a été sauvé d'une extinction certaine par Marc Allemand, viticulteur dans les hautes Alpes

le cépage Mollard a été sauvé d’une extinction certaine par Marc Allemand, viticulteur dans les Hautes Alpes

On les aime bien ces cépages et forcément on a envie de participer à leur sauvetage! Comment pourrait-il en être autrement ? Dans les Hautes Alpes, un vigneron, Marc Allemand, en a sauvé un, le Mollard et grâce à ses efforts deux clones sont désormais inscrits au catalogue officiel. On a dégusté un des vins 100 % Mollard du Domaine Allemand.

Qualifiés de modestes et d’oubliés par les uns, d’emblématiques ou d’historiques par les autres, on les dit aussi rares, confidentiels, locaux ou autochtones quand ce n’est pas encore plus humblement sous le qualificatif de « secondaires » qu’on parle d’eux! Quelle discrétion, en effet! Bon d’accord, il se trouve parfois certains observateurs cyniques qui, misant sur le célèbre syllogisme « tout ce qui est rare est cher », nourrissent à travers ces cépages peu communs l’espoir d’une belle valorisation commerciale réduisant ainsi leur statut à celui très mercantile de « cépages de niche ».

Ne soyons pas dupe, sachons entendre toutes les voix, entrevoir tous les enjeux qu’ils soient culturels, œnologiques, commerciaux, patrimoniaux mais aussi scientifiques et génétiques avec ici en ligne de mire la sauvegarde de la biodiversité, l’adaptation au réchauffement climatique et la lutte contre les maladies comme objectifs majeurs Et surtout, dégustons ces « raretés » en écoutant attentivement tous les récits qu’ils drainent dans leur sillage.

Voilà donc à peu de chose près l’état d’esprit qui était le mien lorsque j’ai récemment découvert le cépage Mollard N en compagnie d’un certain Marc Allemand, vigneron de son état qui me résuma humblement et en quelques mots précis comment après des années de patience et de persévérance il avait largement contribué au sauvetage de ce cépage rouge dans son département d’origine, les Hautes Alpes.

Tiens, il y a un vignoble de production de vin en Hautes Alpes? Oui, vous avez bien lu. Avec une centaine d’hectares de vigne dans la région de Gap, la viticulture partage ici avec l’horticulture le statut de filière « petit Poucet » comparé aux prairies et autres surfaces herbagères qui occupent la majorité de l’espace agricole de ce département.

Quoi qu’il en soit, il se passe des choses intéressantes dans ce petit vignoble. De ses années de sauvetage, qu’il a menées à partir de 1995 en collaboration étroite avec l’Etablissement Technique pour l’Amélioration de la Viticulture, connu sous le sigle ENTAV, Marc Allemand résume modestement que cela a « abouti à l’inscription en 2005 de deux clones au catalogue officiel, le 993 et le 996 « . Deux clones dont il a planté depuis une vigne mère laquelle sert à la production des nouveaux clones certifiés de ce cépage. Cépage qu’il cultive par ailleurs sur 4 ha dans sa propriété de Théüs et qu’il vinifie sous l’indication géographie « Hautes Alpes ». J’ai aimé les notes grillées et poivrées du rouge 100 % Mollard 2012, son amplitude en bouche et ses légers tanins.